Petite histoire de la consommation collaborative

Ces dernières années, nous avons beaucoup entendu parler de « consommation collaborative » ou « économie du partage« . Du financement de projets au secteur de l’alimentation en passant par le transport ou le garde meuble les initiatives se multiplient. La presse traditionnelle, les pures players d’information, les blogs, les hommes politiques… certains s’enthousiasment, d’autres s’insurgent. Quoi qu’il en soit le concept fait jaser ! Mais pourquoi cet emballement soudain pour une tendance jusqu’ici fort discrète ? Avec cet article, je vous propose un léger éclaircissement sur l’apparition de cette nouvelle façon de consommer. Bonne lecture !

La naissance du terme « consommation collaborative »

C’est en 2007 que ce terme apparaît pour la première fois dans la revue Leisure Report du mois d’avril. Ray Algar, un consultant de la société Oxygen Consulting, introduit ce concept dans la lettre d’information de la revue, que vous pouvez retrouver ici (attention le texte est en anglais, c’est peut être l’occasion de vous y remettre !). Son constat : au XXIe siècle, les consommateurs ont un plus grand pouvoir de négociation vis-à-vis des vendeurs grâce aux nombreuses informations qu’ils récoltent sur le web. Les futurs acheteurs vont même jusqu’à organiser des commandes groupées pour faire baisser le prix de l’objet convoité.

Technologie et consommation collaborative : une combinaison gagnante

L’émergence et surtout la banalisation des nouvelles technologies vont permettre à la consommation collaborative d’exploser ! Certes, de tout temps et dans toutes les cultures, il y eut des formes de troc et d’échange mais l’explosion d’internet favorise leur expansion à une tout autre échelle. Beaucoup la pratique d’ailleurs sans le savoir.

Différentes formes de consommation collaborative

Dans le New York Times d’août 2010, la journaliste Jenna Wortham met en lumière l’existence de deux formes de #consocollab (petite dédicace aux twittos) :

L’achat en commun afin de faire baisser le prix du produit ou savoir à qui l’on achète (l’exemple de La ruche qui dit oui !). Le financement d’un projet grâce au crowdfunding, ou en bon français le « financement participatif », rentre également dans cette catégorie (l’exemple de Ulule et KissKissBankBank en France).

Le don, le prêt, le troc, l’échange de bien mais également la location entre particuliers dont les belles réussites françaises que sont bedycasa, Yescapa, Samboat sans oublier JeStocke.com.

 

Les précurseurs du mouvement

La consommation collaborative telle que nous la connaissons aujourd’hui est introduite par la naissance d’Ebay en 1995. Il s’agit de la première plateforme permettant de rentrer directement en contact avec un particulier afin de lui acheter un bien.
Le couchsurfing débute en 1999 à la suite d’un mail envoyé par Casey Fenton, un étudiant voyageant en Islande. Il contacte par liste de diffusion des étudiants de l’université de Reykjavik dans l’espoir d’être hébergé gratuitement. Résultat, des centaines de réponses positive vont le convaincre de cofonder en 2004 l’association CouchSurfing.
C’est en 2000 qu’apparaît le premier site de partage entre particuliers. Il s’agit de Zipcar, un site de partage de voiture entre particuliers qui se lance à Boston et est toujours en activité aujourd’hui.
On constate donc que la consommation collaborative a quelques années de vie même si le mouvement connaît une très forte accélération ces dernières années notamment en France.

Pourquoi cette explosion de l’économie du partage ?

La société est en constante évolution surtout en période de crise économique, où de nouvelles façons de consommer apparaissent.
Les années 70 sont caractérisées par le « Je consomme, donc je suis ». Il y a là une recherche d’assouvissement des besoins et d’affirmation de soi. La période est à la surconsommation.
Dans les années 90, le consommateur se rassure dans l’achat d’un produit plutôt que d’un autre, c’est une période caractérisée par un besoin de « rassurance ».
Depuis la crise économique de 2008, c’est au tour de la notion de partage et d’entraide de s’imposer jusque dans les pratiques de consommation. L’usage plutôt que la propriété. Nous n’avons plus besoin de posséder pour jouir d’un objet. Nous pouvons le louer à un particulier si nous n’en avons pas une utilité récurrente, l’échanger ou l’acheter d’occasion.

Pour aller plus loin

Aujourd’hui presque tous les Français y ont déjà gouté et en sont fan (étude récente CSA / Cofidis).

Si vous désirez en savoir plus sur l’émergence de cette nouvelle tendance qu’est l’économie collaborative, je vous invite à consulter le blog de la consommation collaborative qui s’intéresse à l’étude de cette tendance, à l’actualité des Startups et services liés à l’économie du partage. Le livre What’s Mine is Yours de Rachel Botsman et Roo Roger est également très intéressant pour bien comprendre ce phénomène. Une référence dans le milieu !

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9 Replies to “Petite histoire de la consommation collaborative”

  1. Aujourd’hui, 8 français sur 10 déclarent qu’il est plus important d’avoir accès à un service/un bien plutôt que le posséder. Les mentalités évoluent !

    Ce n’est pas donc surprenant qu’un tel marché se développe et que l’on finit par se tourner vers des marques comme PLACEdelaLOC.com ou Airbnb…

    Bien plus qu’un effet de mode selon moi !

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